Concours national de la Résistance et de la Déportation : un rendez-vous mémoriel pour 40 000 élèves chaque année

Bureau d'élève préparant le Concours national de la Résistance et de la Déportation avec notes manuscrites et photographies d'archives

Chaque printemps, dans des milliers de salles de classe françaises, des collégiens de troisième et des lycéens posent leur stylo sur une copie qui n’a rien d’un devoir ordinaire. Ils participent au Concours national de la Résistance et de la Déportation, plus connu sous l’acronyme CNRD. Né en 1961 à l’initiative d’anciens résistants et déportés, ce concours réunit aujourd’hui plus de 40 000 candidats par session. Depuis sa création, on estime qu’environ un million et demi d’élèves ont planché sur ses sujets.

Le CNRD n’est pas une compétition comme les autres. Il s’inscrit dans une démarche pédagogique ambitieuse : faire dialoguer les jeunes générations avec les acteurs et les victimes de la Seconde Guerre mondiale, à travers la recherche, l’écriture, l’image, le son. À l’heure où les derniers témoins disparaissent, ce concours occupe une place particulière dans la transmission du devoir de mémoire. Voici tout ce qu’il faut savoir sur son fonctionnement, ses thématiques, ses ressources et la mobilisation qu’il suscite, jusque dans des départements profondément marqués par l’histoire comme l’Ariège.

Genèse du concours : une initiative née en 1961 dans le sillage des résistants

Le Concours national de la Résistance et de la Déportation voit le jour en 1961. Sa création répond à une volonté précise : transmettre aux jeunes générations l’expérience vécue par les hommes et les femmes qui ont combattu l’occupant nazi et le régime de Vichy, mais aussi celle des déportés politiques et raciaux.

Au départ, l’initiative émane d’associations d’anciens résistants et de rescapés des camps. Ces derniers craignent que le souvenir des événements ne s’efface avec leur disparition. La Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance joue un rôle moteur, rejointe rapidement par d’autres réseaux mémoriels. Le ministère de l’Éducation nationale officialise le dispositif et le Concours national de la Résistance et de la Déportation devient un rendez-vous annuel inscrit au calendrier scolaire.

Plus de soixante ans après sa naissance, le concours a conservé sa vocation initiale tout en évoluant. Les supports admis se sont diversifiés, les thématiques se sont élargies à des questions plus contemporaines de mémoire et de transmission, et le nombre de partenaires institutionnels n’a cessé de croître.

À qui s’adresse le Concours national de la Résistance et de la Déportation ?

Le CNRD s’adresse à un public scolaire bien défini. Il concerne :

  • les élèves de troisième des collèges publics et privés sous contrat ;
  • les lycéens des classes de seconde, première et terminale ;
  • les élèves des lycées d’enseignement général et technologique ;
  • les élèves des lycées professionnels ;
  • les élèves des lycées agricoles ;
  • les élèves français scolarisés à l’étranger dans les établissements relevant de l’AEFE.

Cette ouverture à toutes les filières du second cycle représente un choix pédagogique fort. L’enjeu n’est pas réservé aux meilleurs élèves d’un lycée général : un apprenti d’un CAP, un lycéen agricole, un collégien de troisième en zone d’éducation prioritaire ont autant leur place dans le concours. Le palmarès annuel reflète cette diversité, avec des copies primées issues d’établissements de toutes tailles, urbains comme ruraux.

Le CNRD s’inscrit dans une démarche mémorielle plus large, comme en témoigne la Journée nationale du souvenir consacrée chaque année aux victimes de la déportation.

Les enseignants qui encadrent les élèves viennent de disciplines variées : histoire-géographie bien sûr, mais aussi français, lettres, arts plastiques, documentation, éducation morale et civique. Certains projets associent plusieurs professeurs autour d’une production collective.

Quels sont les thèmes du CNRD au fil des années ?

Quels sont les thèmes du CNRD au fil des années ?

Chaque année scolaire, un thème national est défini par un jury présidé par le ministère de l’Éducation nationale. Ce sujet oriente le travail de recherche et de production des candidats. Voici un aperçu des thématiques récentes :

Année scolaireThème
2026-2027Les étrangers dans la Résistance (1940-1945)
2025-2026La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi : survivre, témoigner, juger (1944-1948)
2024-2025Libérer et refonder la France (1943-1945)
2023-2024Résister à la déportation en France et en Europe
2022-2023L’école et la Résistance. Des actions au procès du collaborationnisme (1940-1944)
2021-2022La fin de la guerre, les opérations, les répressions, les déportations et les premiers pas vers la refondation (1944-1945)

Le choix des thèmes obéit à une logique mémorielle et historique. Certains coïncident avec des anniversaires significatifs : 80 ans de la Libération, 80 ans de la fin de la guerre, 80 ans de la Conférence de Wannsee. D’autres mettent en lumière des aspects moins connus du grand public, comme la résistance des femmes, le rôle des étrangers, ou la place des enfants dans la Shoah.

Certains thèmes du concours abordent directement des événements marquants comme la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942.

Cette rotation thématique permet aussi aux enseignants de renouveler leur approche d’une année sur l’autre. Un professeur qui encadre des candidats sur plusieurs sessions ne traite jamais deux fois le même angle.

Catégories et formats de participation : du devoir individuel au court-métrage

Le CNRD propose six catégories distinctes, qui couvrent à la fois le travail individuel, le travail collectif et plusieurs formats de production.

Pour les collégiens (classe de troisième)

  1. Réalisation d’un devoir individuel rédigé en classe sous surveillance, en deux à trois heures.
  2. Travail collectif comportant un mémoire et éventuellement un support audiovisuel ou multimédia.

Pour les lycéens

  1. Devoir individuel en classe.
  2. Travail collectif écrit ou multimédia.
  3. Travail audiovisuel (court-métrage, documentaire, captation théâtrale).
  4. Travail médiatique (site web, podcast, balado, journal numérique).

Cette diversité de supports représente une particularité du CNRD. Là où d’autres concours scolaires s’en tiennent à la copie écrite, le CNRD ouvre largement la porte à la création audiovisuelle et numérique. Une classe peut produire un documentaire de quinze minutes mêlant archives, témoignages recueillis auprès de descendants, photographies et bande-son. Un autre groupe préférera une exposition photographique itinérante ou un site web documenté.

Pour les épreuves individuelles, l’élève dispose en général de trois heures pour répondre à un sujet précis. Les correcteurs évaluent la maîtrise des connaissances, la qualité de l’argumentation, la capacité à mobiliser les ressources étudiées en classe et la pertinence des sources citées.

Le calendrier du concours et les étapes à respecter

Le calendrier du Concours national de la Résistance et de la Déportation suit un rythme annuel bien rodé.

  • Septembre-octobre : publication du thème pour l’année scolaire en cours et diffusion de la brochure pédagogique nationale.
  • Octobre à février : phase de préparation en classe. Les enseignants organisent des séances de cours, des sorties pédagogiques, des rencontres avec des témoins ou des historiens, des visites de lieux de mémoire.
  • Mars : organisation des épreuves individuelles dans les établissements (date fixée par chaque rectorat). Les travaux collectifs sont remis au jury départemental dans un délai similaire.
  • Avril-mai : examen des copies par les jurys départementaux puis académiques, qui sélectionnent les meilleurs travaux.
  • Juin : remise des prix départementaux et académiques.
  • Septembre-octobre : annonce du palmarès national et cérémonie officielle, généralement organisée à la Sorbonne ou dans un lieu de mémoire.

Les jurys départementaux réunissent des inspecteurs pédagogiques, des enseignants, des représentants d’associations mémorielles et parfois des anciens résistants ou descendants de déportés. Cette mixité garantit une évaluation à la fois pédagogique et historique.

Ressources pédagogiques officielles : brochure, archives, partenaires

Pour accompagner les enseignants et les candidats, le CNRD met à disposition un éventail de ressources gratuites particulièrement riche.

La brochure pédagogique annuelle

Chaque année, une brochure thématique est coordonnée par les fondations partenaires. Pour la session 2025-2026, c’est la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et la Fondation pour la Mémoire de la Déportation qui ont piloté ce travail. Le document propose une mise en perspective historique du sujet, des extraits de documents d’archives, des témoignages, une chronologie détaillée et une bibliographie sélective. Il est disponible au format PDF en téléchargement libre sur les sites des fondations partenaires, et existe également dans une version interactive en ligne.

Les portails institutionnels

Plusieurs ressources numériques officielles méritent un signet :

  • Eduscol propose une page dédiée avec conseils méthodologiques, sujets antérieurs et ressources transversales.
  • Lumni Enseignement rassemble une sélection d’archives audiovisuelles de l’INA, classées par thème.
  • Le site du Mémorial de la Shoah ouvre une rubrique spécifique chaque année autour du sujet du concours.
  • Le portail Chemins de mémoire du ministère des Armées documente les lieux de mémoire en France et à l’étranger.

Les partenaires institutionnels du CNRD

Le concours bénéficie du soutien d’un réseau dense :

  • Ministère de l’Éducation nationale ;
  • Ministère des Armées, via la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DPMA) ;
  • Fondation de la Résistance ;
  • Fondation pour la Mémoire de la Déportation ;
  • Fondation pour la Mémoire de la Shoah ;
  • Fondation Charles de Gaulle ;
  • Fondation de la France Libre ;
  • Musée de la Résistance nationale ;
  • ECPAD (établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense) ;
  • Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG).

Cette pluralité d’acteurs nourrit la diversité des regards portés sur les événements traités.

Le jury et les critères d’évaluation : que regardent les correcteurs ?

Au-delà du contenu factuel, plusieurs critères entrent en ligne de compte dans l’évaluation des travaux.

La maîtrise historique. Le jury attend des candidats qu’ils s’appuient sur une connaissance solide du sujet, qu’ils sachent situer les événements dans leur contexte chronologique et géographique, et qu’ils mobilisent les concepts adéquats. Un travail brillant rhétoriquement mais flou historiquement n’a aucune chance.

L’usage des sources. Le concours valorise la confrontation à des documents d’époque : tracts clandestins, lettres de déportés, photographies d’archives, comptes rendus d’audience, films d’amateurs. Citer une source en bibliographie ne suffit pas, il faut l’analyser, la critiquer, la contextualiser.

La construction argumentative. Pour une copie individuelle, le plan, la problématique, l’introduction et la conclusion sont des points scrutés. Pour un travail collectif, la cohérence d’ensemble compte autant que la qualité de chaque partie.

L’originalité du traitement. Les jurys récompensent les approches qui sortent des sentiers battus : un témoignage local recueilli auprès d’un descendant, une archive familiale, un angle peu exploré, un format inventif. Les copies les plus primées combinent rigueur historique et créativité.

La qualité technique. Pour les productions audiovisuelles ou multimédias, le jury évalue aussi la maîtrise du langage filmique, la qualité du son, la pertinence du montage, la lisibilité d’une interface web.

À noter : un travail exclusivement copié de Wikipédia ou produit par une intelligence artificielle est immédiatement sanctionné. Les jurys repèrent ces productions et les écartent. Le concours valorise une démarche personnelle de recherche.

Le CNRD en Ariège : une mobilisation locale ancrée dans l’histoire

Le département de l’Ariège entretient un lien particulier avec les thématiques du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Terre de passage vers l’Espagne, le département a abrité de nombreux maquis pendant l’Occupation. Il a aussi été le théâtre d’une histoire douloureuse de l’internement avec le camp du Vernet, où ont transité des milliers d’étrangers, de Juifs et d’opposants politiques avant d’être déportés vers Auschwitz et d’autres camps d’extermination.

Cette histoire locale offre aux candidats ariégeois un matériau de recherche d’une grande richesse. Les archives départementales, les associations mémorielles locales, les fonds privés conservés par des familles de résistants ou de déportés constituent autant de pistes pour nourrir un travail original. Les enseignants de la région encouragent souvent leurs élèves à explorer cette dimension territoriale.

Plusieurs établissements ariégeois se distinguent par leur engagement régulier dans le concours. C’est notamment le cas du collège Victor Hugo de Lavelanet, dont les classes participent fréquemment à la session annuelle et qui mène un travail de fond sur la transmission de la mémoire de la déportation. Pour comprendre cette démarche pédagogique inscrite dans la durée, vous pouvez découvrir le parcours mémoriel mené au collège Victor Hugo de Lavelanet, qui associe enseignants, élèves et descendants de déportés autour de projets concrets.

L’Ariège représente plus largement un terrain d’observation privilégié pour penser le devoir de mémoire à l’échelle locale. Le département a su préserver les traces de cette histoire et les transmettre aux générations actuelles, à travers des commémorations, des publications, des stèles et des parcours pédagogiques. Cette dynamique fait du territoire une référence régionale, comme le montre la place singulière qu’occupe l’Ariège dans le devoir de mémoire de la déportation. Pour les candidats au CNRD, cette ressource locale ouvre des perspectives concrètes que les ouvrages de portée nationale ne peuvent offrir.

Au-delà des grandes figures, ce sont aussi des centaines d’anonymes qui ont marqué l’histoire ariégeoise pendant la Seconde Guerre mondiale. Cuisinières d’auberges qui hébergeaient des résistants, instituteurs qui falsifiaient des certificats, paysans qui guidaient les passeurs vers l’Espagne, employés des préfectures qui faisaient disparaître des fichiers compromettants. Cette densité d’histoires individuelles fait la valeur du sujet pour les jeunes Ariégeois qui choisissent de participer au concours.

Comment préparer une participation réussie : conseils pratiques pour enseignants et élèves

La préparation d’une participation au Concours national de la Résistance et de la Déportation s’étale idéalement sur plusieurs mois.

Pour les enseignants

Commencez tôt, dès la rentrée si possible. Lire la brochure officielle dans son intégralité, repérer les axes les plus exploitables avec votre classe, identifier les ressources locales disponibles : voilà le travail préparatoire à mener avant les premières séances avec les élèves.

Constituez un dossier pédagogique adapté. Toutes les classes ne pourront pas tout lire ni tout voir. Sélectionnez deux ou trois documents fondateurs, un témoignage écrit, une archive iconographique forte, un extrait de film. Les élèves auront ainsi un socle commun à mobiliser.

Sortez de la salle de classe. Une visite à un mémorial, une rencontre avec un historien local, une consultation aux archives départementales, un déplacement sur un lieu de mémoire transforment le rapport au sujet. Les copies les plus convaincantes portent souvent la trace d’une expérience concrète.

Travaillez en interdisciplinarité. Un projet de court-métrage gagne à associer un professeur d’arts plastiques ou de cinéma. Une production multimédia bénéficie de l’expertise d’un professeur documentaliste. La transversalité enrichit le résultat.

Pour les élèves

Si vous participez à l’épreuve individuelle, entraînez-vous au format. Répondre à une question sur un sujet historique en trois heures relève d’une compétence spécifique : il faut planifier sa copie, équilibrer le développement, réserver du temps pour l’introduction et la conclusion, citer ses sources avec précision.

Pour un travail collectif, répartissez clairement les rôles. Un projet de classe sans coordinateur tourne à l’addition de contributions désordonnées. Désigner un chef de projet, un référent documentaire, un responsable de la mise en forme, c’est la condition d’une production cohérente.

Croisez les sources. Une lettre de déporté, une note administrative, un rapport policier, une photographie : chacune dit quelque chose, et c’est leur recoupement qui produit du sens. Ne vous contentez pas d’une source unique, même si elle vous paraît évidente.

Soignez la forme. Une bibliographie complète, des notes de bas de page, des légendes précises sur les illustrations, une orthographe irréprochable : ces détails comptent pour les correcteurs, qui comparent des dizaines de productions parfois proches sur le fond.

Erreurs fréquentes à éviter

ErreurConséquence
Ne pas lire la brochure officielleHors-sujet ou traitement superficiel
Plagier Wikipédia ou utiliser une IAÉlimination immédiate
Confondre Résistance et LibérationCadrage chronologique faussé
Oublier les sources dans la bibliographiePénalité significative
Multiplier les anecdotes sans analyseManque de hauteur historique
Rendre un travail bâclé sur le plan formelNote plombée

FAQ sur le Concours national de la Résistance et de la Déportation

Comment s’inscrire au CNRD ?

L’inscription au Concours national de la Résistance et de la Déportation passe par l’établissement scolaire. C’est l’enseignant volontaire qui inscrit sa classe ou ses élèves auprès du référent académique du concours, généralement un inspecteur d’histoire-géographie ou un service du rectorat. Aucune démarche individuelle n’est demandée à l’élève. La date limite d’inscription varie selon les académies, mais se situe en général entre janvier et février.

Quels sont les prix décernés aux lauréats ?

Les lauréats du CNRD reçoivent des prix à plusieurs niveaux. Au niveau départemental, des dotations en livres, des séjours pédagogiques, des invitations à des cérémonies officielles sont remis lors d’une cérémonie locale. Au niveau académique, les meilleurs travaux remportent des prix plus substantiels : voyages d’études, séjours dans des lieux de mémoire en Europe, dotations financières pour la classe. Au niveau national, les lauréats sont invités à une cérémonie officielle souvent présidée par un membre du gouvernement, et certains prix incluent des voyages mémoriels d’envergure : Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Berlin, Londres, Caen.

Le CNRD est-il obligatoire pour les élèves de troisième ?

Non, le Concours national de la Résistance et de la Déportation n’est pas obligatoire. Il s’agit d’une participation volontaire, à l’initiative de l’enseignant et avec l’accord des élèves. Une classe entière peut être inscrite collectivement, ou seuls quelques élèves volontaires concourent. Le concours s’inscrit dans le programme d’histoire de troisième et de terminale, ce qui permet une articulation naturelle avec les cours, mais sans obligation de participation.

Combien de temps faut-il pour préparer le concours ?

Une préparation sérieuse au CNRD prend entre trois et six mois. Trois mois représentent un minimum pour s’approprier le sujet, exploiter la brochure, mobiliser des ressources complémentaires et produire un devoir de qualité. Six mois constituent un horizon plus confortable, qui permet d’intégrer une sortie pédagogique, une rencontre avec un témoin ou un historien, et un travail de réécriture. Pour un projet ambitieux comme un documentaire ou un site web, un démarrage dès la rentrée scolaire est recommandé.

Que devient le travail des élèves après le concours ?

Les copies individuelles sont conservées par le rectorat pendant une durée variable, puis archivées ou détruites. Les travaux collectifs primés connaissent souvent une seconde vie : exposition dans l’établissement scolaire, projection publique pour les courts-métrages, mise en ligne sur le site du collège ou du lycée, présentation lors de commémorations locales. Certains projets remarquables sont relayés par les associations mémorielles partenaires et présentés dans des musées ou lors de colloques. Quelques-uns ont même fait l’objet de publications.

Une classe peut-elle participer plusieurs années de suite ?

Oui, et c’est même fortement encouragé. De nombreux établissements inscrivent leurs élèves chaque année, et les enseignants qui s’investissent durablement dans le concours finissent par développer une expertise solide. Les thématiques changent annuellement, ce qui garantit le renouvellement du travail. Certains collèges et lycées en font un projet d’établissement, mobilisant plusieurs classes et plusieurs disciplines simultanément.

Le travail collectif doit-il forcément être long ?

Non. Un travail collectif de qualité tient parfois en vingt pages soigneusement composées, complétées d’annexes documentaires. Le règlement fixe des fourchettes indicatives plutôt que des minima rigides. Mieux vaut un mémoire concis et solidement argumenté qu’une production fleuve mal maîtrisée. Pour les supports audiovisuels, la durée recommandée se situe généralement entre dix et vingt minutes selon le format.

Le Concours national de la Résistance et de la Déportation traverse les décennies sans rien perdre de sa pertinence. Au moment où les derniers témoins disparaissent, où la mémoire de la Seconde Guerre mondiale risque de se figer en pages de manuel, le CNRD offre aux jeunes générations un espace de rencontre vivant avec cette histoire. Sa diversité de formats, son ouverture à toutes les filières scolaires, sa solide infrastructure de ressources et son ancrage local en font un dispositif pédagogique sans équivalent. Pour les enseignants et les élèves d’Ariège, comme pour ceux de tout le territoire, le concours représente une occasion de transformer le devoir de mémoire en démarche concrète, personnelle et créative.

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