Déportation des enfants en France pendant la Seconde Guerre mondiale : un crime distinct dans l’histoire de la Shoah

Onze mille quatre cents. Ce chiffre, établi par l’historien Serge Klarsfeld dans le Mémorial des Enfants Juifs Déportés de France, désigne le nombre d’enfants juifs partis sans retour des gares françaises entre mars 1942 et août 1944. Aucun n’avait choisi son sort. Beaucoup avaient moins de six ans. Certains, à peine quelques semaines.
La déportation des enfants pendant la Seconde Guerre mondiale n’est pas un sous-chapitre de la Shoah en France. C’est un dossier à part, qui a ses propres dates, ses propres archives, ses propres bourreaux et ses propres sauveteurs. La police française y joue un rôle direct, l’administration de Vichy un rôle décisionnel, et la SS un rôle d’orchestration. Voici comment ce crime a été préparé, exécuté, et comment on en garde aujourd’hui la trace.
Pourquoi les enfants ont été ciblés : l’idéologie nazie face à la génération suivante
Pendant longtemps après-guerre, les manuels parlaient des enfants déportés comme de victimes collatérales, emportées dans la rafle d’un parent. Les recherches récentes ont corrigé cette image. Dès la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, la Solution finale prévoit l’élimination de la totalité de la population juive d’Europe, sans exception d’âge. Reinhard Heydrich, qui préside la réunion, parle d’une « solution territoriale finale » qui inclut ce qu’il nomme la « réserve biologique » : autrement dit, les enfants en âge de procréer plus tard.
L’idée est froidement consignée dans le procès-verbal rédigé par Adolf Eichmann. Laisser vivre les enfants, c’est laisser repartir le « problème juif » à la génération suivante. Pour les nazis, l’objectif n’est pas seulement de tuer les Juifs présents en 1942, c’est d’en effacer la descendance.
En France, ce calcul croise une logique propre à Vichy. À l’été 1942, Pierre Laval, chef du gouvernement, négocie avec Theodor Dannecker, représentant d’Eichmann à Paris, un quota de Juifs à livrer. Berlin demande des adultes. Laval propose, de son propre chef, d’y joindre les enfants de moins de seize ans en zone occupée. La proposition figure dans le télégramme du 4 juillet 1942, conservé au Centre de documentation juive contemporaine. C’est une initiative française, pas une exigence allemande. Ce détail change tout dans la lecture historique du crime.
Les chiffres clés : 11 400 enfants, 300 survivants
Le décompte précis a demandé des décennies de travail. Serge et Beate Klarsfeld ont commencé à reconstituer les listes nominatives à partir des registres de Drancy, des feuilles de route des convois et des archives de la préfecture de police. Ils ont publié le premier volume en 1978, sous le titre Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, puis ont consacré un ouvrage spécifique aux enfants en 1994.
Voici la photographie chiffrée du crime, telle qu’elle est aujourd’hui considérée comme stabilisée par la communauté historique :
| Donnée | Chiffre |
|---|---|
| Total des Juifs déportés de France | environ 76 000 |
| Enfants de moins de 18 ans déportés | environ 11 400 |
| Enfants de moins de 6 ans déportés | environ 2 000 |
| Bébés de moins de 2 ans | environ 300 |
| Enfants déportés revenus vivants | environ 300 |
| Convois ayant emporté des enfants | 47 sur 79 |
| Pays d’origine des familles | plus de 25 |
Sur les 11 400 enfants, près des deux tiers sont nés en France. Beaucoup avaient la nationalité française. Leurs parents, eux, étaient souvent étrangers : juifs d’Europe centrale arrivés dans les années 1920-1930, fuyant déjà l’antisémitisme polonais ou allemand. Ce sont ces familles que Vichy a livrées en premier, en jouant sur le fait que la dénaturalisation rendait l’opération juridiquement plus simple.
Trois cents survivants sur 11 400, soit un taux de survie de 2,6 %. À Auschwitz, où la quasi-totalité de ces enfants ont été conduits, la sélection à la rampe leur réservait la mort immédiate. Les rares revenus sont presque tous des adolescents de quinze ou seize ans qui ont pu être triés vers le travail forcé.
La commémoration de ces événements tragiques reste essentielle pour la mémoire de la déportation.
À Auschwitz, où la quasi-totalité de ces enfants ont été conduits, la sélection à la rampe leur réservait la mort immédiate.
Le rôle de Vichy et de la police française
L’idée d’une déportation menée par les seuls Allemands, avec une France passive, ne tient plus face aux archives. Les rafles de l’été 1942 ont été exécutées par 9 000 policiers et gendarmes français, sous les ordres de René Bousquet, secrétaire général à la police. Les listes ont été établies à partir du fichier Tulard, créé en octobre 1940 sous l’autorité du préfet André Tulard, qui recensait nominativement les Juifs en zone occupée.
Ce fichier comportait 149 734 noms, classés par nationalité, profession et adresse. Sans cet outil administratif, les rafles à grande échelle n’auraient pas été possibles. Et le fichier était français.
Quant aux décisions concernant les enfants, elles ont laissé des traces écrites embarrassantes. Le 17 juillet 1942, lendemain de la rafle du Vel d’Hiv, Berlin télégraphie à Dannecker que les autorités allemandes acceptent finalement la proposition Laval : oui, on prend aussi les enfants. Le 13 août 1942, un télégramme d’Eichmann précise que les enfants peuvent être inclus dans les convois « dès que des moyens de transport supplémentaires seront disponibles ». Le ministère de l’Intérieur français organise alors les transferts depuis les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, où les enfants ont d’abord été séparés de leurs parents, vers Drancy, puis vers Auschwitz.
La rafle du Vel d’Hiv : 4 115 enfants en deux jours
Les 16 et 17 juillet 1942, l’opération « Vent printanier » mobilise 4 500 policiers parisiens. Bilan : 13 152 personnes arrêtées, dont 4 115 enfants et 5 802 femmes. Les célibataires et les couples sans enfants sont conduits directement à Drancy. Les familles, elles, sont entassées dans le Vélodrome d’Hiver, rue Nélaton, dans le 15e arrondissement.
Cinq jours sans nourriture suffisante, sans eau courante, avec deux médecins pour des milliers de personnes, la chaleur de juillet et la verrière qui transformait l’enceinte en serre. Une dizaine de personnes se suicident. Plusieurs femmes accouchent sur place. Les rares témoignages de survivants, comme celui d’Annette Muller (alors âgée de neuf ans, qui décrira plus tard la scène dans La petite fille du Vél’ d’Hiv’), parlent d’un bruit ininterrompu, des pleurs des bébés, du désespoir des mères.
Les familles sont ensuite transférées vers les camps du Loiret : Pithiviers et Beaune-la-Rolande. C’est là, début août 1942, que les enfants sont arrachés à leurs mères. La scène a été décrite par plusieurs témoins, dont la résistante Annette Monod, assistante sociale de la Croix-Rouge française. Elle évoque des enfants matraqués, des mères qui s’accrochent aux barbelés, des gendarmes qui pleurent en exécutant les ordres.
Les mères partent les premières vers Auschwitz, par les convois 14, 15, 16. Les enfants, restés seuls à Pithiviers et Beaune-la-Rolande, attendront trois semaines avant d’être à leur tour transférés à Drancy puis vers Auschwitz, par les convois 20 à 26 du mois d’août 1942.
Les camps de transit en France : Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande
Avant le grand voyage vers l’Est, les enfants passaient par des camps situés sur le territoire français. Trois lieux concentrent l’essentiel de l’histoire :
- Drancy (Seine-Saint-Denis) : antichambre de la mort. Environ 67 000 personnes y ont transité de 1941 à 1944. Le camp, géré par la gendarmerie française jusqu’en juillet 1943 puis par les SS, occupait une cité HBM en forme de U inachevée. Les enfants y étaient regroupés dans des escaliers entiers, parfois sans aucun adulte de leur famille. Aloïs Brunner, qui en prend le contrôle en juillet 1943, organise les déportations avec une efficacité accrue.
- Pithiviers (Loiret) : ouvert en mai 1941 pour interner les Juifs étrangers de la rafle du « billet vert ». À l’été 1942, environ 4 400 enfants y sont enfermés après la séparation d’avec leurs mères. La gare voisine, classée Monument historique en 2011, est aujourd’hui un mémorial.
- Beaune-la-Rolande (Loiret) : ouvert dans les mêmes conditions que Pithiviers. Ces deux camps sont parfois appelés « les camps des enfants », tant ils ont été marqués par la présence des plus jeunes en août 1942.
À ces trois lieux, il faut ajouter Compiègne (Royallieu), Les Milles près d’Aix-en-Provence, Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales, Gurs et Le Vernet en Ariège. Tous ont vu passer des familles juives, et certains des enfants seuls. Le réseau couvrait l’ensemble du territoire.
Les convois vers Auschwitz : la mécanique du génocide
Soixante-dix-neuf convois ont quitté la France pour Auschwitz-Birkenau entre mars 1942 et août 1944. Quarante-sept transportaient des enfants. Le premier convoi de la déportation, le numéro 1 du 27 mars 1942, parti de Compiègne et Drancy, comptait surtout des hommes adultes. La présence d’enfants commence à être massive à partir du convoi 17, le 10 août 1942.
Quelques convois sont entrés dans la mémoire collective :
- Convoi 22 du 21 août 1942 : 1 000 déportés, dont 553 enfants. Premier convoi quasi exclusivement composé d’enfants et de mères.
- Convoi 24 du 26 août 1942 : 1 002 déportés, dont 400 enfants de moins de 16 ans, certains de moins de deux ans.
- Convoi 25 du 28 août 1942 : 1 000 déportés, presque tous des enfants partis seuls, sans aucun parent.
- Convoi 71 du 13 avril 1944 : 1 500 déportés, dont 148 enfants. Parmi eux, les 44 enfants raflés au Chambon-sur-Lignon trois jours plus tôt à la maison d’Izieu.
- Convoi 77 du 31 juillet 1944 : dernier grand convoi, parti alors que les Alliés débarquaient déjà en Provence. Quarante enfants en bas âge y figurent, dont les pensionnaires de la maison d’enfants de Louveciennes.
Les wagons étaient des wagons à bestiaux, scellés. Quatre-vingts à cent personnes par wagon. Trois jours et trois nuits de voyage, sans nourriture, sans eau, sans toilettes. Beaucoup d’enfants en bas âge mouraient avant l’arrivée. Les autres, à la descente sur la rampe de Birkenau, étaient triés par un médecin SS (Josef Mengele dans certains cas) et envoyés directement aux chambres à gaz. Aucun enfant de moins de douze ans n’était sélectionné pour le travail.
La rafle d’Izieu : un cas qui a marqué l’histoire judiciaire
Le 6 avril 1944, à 9 heures du matin, trois camions allemands s’arrêtent devant la maison d’enfants d’Izieu, dans l’Ain. Ce refuge avait été ouvert en mai 1943 par Sabine et Miron Zlatin, soutenus par l’OSE (Œuvre de secours aux enfants). Quarante-quatre enfants âgés de quatre à dix-sept ans y vivaient avec sept éducateurs. La maison se trouvait sur les hauteurs, isolée, présumée sûre.
L’opération est dirigée par Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon. Les enfants sont jetés dans les camions « comme des paquets », selon le télex que Barbie envoie le soir même au siège de la SS à Paris. Le télex, retrouvé au procès de Nuremberg, finira par servir de pièce maîtresse au procès Barbie en 1987. Pour la première fois en France, le crime contre l’humanité était jugé à partir d’un acte distinct des crimes de guerre.
Sur les 44 enfants d’Izieu, un seul est revenu : Léa Feldblum, qui avait dix-sept ans et qui avait pu être sélectionnée pour le travail à Auschwitz. Tous les autres ont été gazés à leur arrivée à Birkenau, le 15 avril 1944. Sabine Zlatin, partie en mission ce matin-là, échappe à l’arrestation. Elle consacrera le reste de sa vie à la mémoire des enfants. La maison d’Izieu est aujourd’hui un mémorial national, ouvert depuis 1994.
Les enfants sauvés : un autre récit, plus discret
Face à la machine de mort, des réseaux civils ont organisé la cachette et le passage en Suisse de milliers d’enfants juifs. Le bilan est moins connu que celui des disparus, mais il existe. Sur les enfants juifs présents en France en 1940, environ 84 % ont survécu, contre 41 % des adultes. L’écart tient à un effort organisé de protection.
Plusieurs réseaux ont joué un rôle central :
- L’OSE (Œuvre de secours aux enfants), fondée en 1912, reprise en 1933 par Lazare Gurvic. Le réseau Garel, mis en place par Georges Garel à partir de 1943, place clandestinement des enfants dans des familles non juives, des couvents, des fermes. Trois mille enfants sauvés.
- Le réseau de Marianne Cohn, jeune militante du Mouvement de jeunesse sioniste, qui passe en Suisse plus de 200 enfants avant d’être arrêtée et tuée à 22 ans en juillet 1944.
- Le Chambon-sur-Lignon, village protestant de Haute-Loire, où le pasteur André Trocmé et son épouse Magda organisent l’accueil de 3 500 réfugiés, dont environ 2 500 Juifs. L’État d’Israël a décerné en 1990 le titre de Justes parmi les Nations à la commune entière, cas unique avec celui des Pays-Bas.
- Les institutions catholiques, dont les couvents franciscains, les Pères Salésiens, et plusieurs évêchés (Toulouse, Lyon, Nice). Mgr Saliège à Toulouse publie en août 1942 une lettre pastorale lue dans les paroisses, qui fait basculer une partie de l’opinion publique.
Le mécanisme du sauvetage tenait sur trois piliers : faux papiers, transfert et silence. Un seul maillon brisé suffisait à condamner toute une chaîne. Les sauveteurs prenaient des risques mortels. Beaucoup ont payé de leur vie.
La mémoire : du Mur des Noms aux pierres d’Izieu
Pendant trente ans après la guerre, la mémoire spécifique des enfants déportés est restée diffuse, fondue dans celle de la Shoah en général. Le tournant date de 1978, quand Serge Klarsfeld publie son Mémorial. C’est la première fois que les noms, prénoms, dates de naissance et numéros de convoi de chaque enfant sont rendus publics.
Aujourd’hui, plusieurs lieux et dispositifs portent cette mémoire :
- Le Mémorial de la Shoah à Paris, rue Geoffroy-l’Asnier, où le Mur des Noms gravé en 2005 porte les 76 000 noms des Juifs déportés de France. Quatre dalles spécifiques rappellent la présence des enfants.
- Le Mémorial de la Shoah à Drancy, ouvert en 2012 face à la cité de la Muette, qui présente l’histoire du camp de transit et des enfants qui y ont attendu leur sort.
- La Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés, qui conserve les bâtiments d’origine, les lits, les dessins retrouvés.
- Les plaques sur les écoles : depuis 2002, chaque école française qui a vu partir un de ses élèves porte une plaque avec son nom. Plusieurs centaines d’écoles parisiennes et provinciales en sont aujourd’hui équipées.
- La gare de Pithiviers, transformée en mémorial en 2022 par le Mémorial de la Shoah, dernier site de transit visitable en l’état d’origine.
À cela s’ajoute le travail des associations, dont Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France (FFDJF), créée en 1979 par Serge Klarsfeld, qui maintient l’effort de recherche et de transmission. Le journal d’Hélène Berr, jeune étudiante parisienne morte à Bergen-Belsen en avril 1945, publié en 2008, est devenu un texte enseigné au lycée et l’un des rares témoignages d’une déportée jeune adulte écrit pendant les faits.
L’Ariège et les Pyrénées : un cas régional
Le département de l’Ariège a joué un rôle particulier dans l’histoire de la déportation. Le camp du Vernet, ouvert en 1939 pour les républicains espagnols, est devenu en 1940 un camp d’internement administratif pour les « étrangers indésirables », dont une part importante de Juifs étrangers. Plusieurs convois en sont partis vers Drancy puis Auschwitz. Des enfants y ont vécu en famille, parfois plusieurs mois.
Le département a aussi connu une activité de passage clandestin vers l’Espagne, notamment par les vallées d’Ax-les-Thermes, du Couserans et de la Haute-Garonne voisine. Les filières civiles et militaires (réseau Comète, réseau Pat O’Leary) ont fait passer plusieurs centaines de Juifs, dont des enfants accompagnés par leurs parents ou seuls. Le pasteur Marc Boegner et l’évêché de Pamiers ont apporté leur soutien à plusieurs de ces opérations.
L’histoire complète des juifs en Ariège pendant la déportation, avec les noms et les parcours, fait l’objet d’un travail de recherche encore en cours, mené notamment par les services départementaux des archives et l’Université de Toulouse-Jean Jaurès.
Comparaison France – autres pays occupés
Le cas français se distingue dans l’Europe occupée. Le tableau ci-dessous, établi à partir des données du Mémorial de Yad Vashem, donne quelques ordres de grandeur pour les enfants juifs disparus dans la Shoah par pays :
| Pays | Population juive 1939 | Enfants juifs déportés et tués | % d’enfants juifs disparus |
|---|---|---|---|
| Pologne | 3 300 000 | environ 1 000 000 | 90 % |
| Pays-Bas | 140 000 | environ 18 000 | 80 % |
| France | 330 000 | environ 11 400 | 14 % |
| Italie | 50 000 | environ 1 000 | 16 % |
| Belgique | 65 000 | environ 5 000 | 50 % |
| Danemark | 8 000 | 0 | 0 % |
Le pourcentage français, plus bas que celui des Pays-Bas ou de la Pologne, ne tient pas à une bienveillance de l’occupant ou de Vichy. Il s’explique par trois facteurs : la zone libre jusqu’en novembre 1942, qui a laissé un délai de fuite ; l’efficacité des réseaux de sauvetage, en particulier l’OSE et les protestants des Cévennes ; et la dispersion géographique des familles juives, qui a rendu l’identification plus difficile que dans des pays plus densément peuplés.
Cela ne diminue en rien la responsabilité française. 11 400 enfants partis sans retour, c’est 11 400 vies brisées et 11 400 lignées éteintes. Le chiffre relatif est secondaire face au chiffre absolu.
Questions fréquentes
▸Combien d’enfants juifs ont été déportés de France pendant la Seconde Guerre mondiale ?
▸Quel a été le rôle de la police française dans la déportation des enfants ?
▸Qu’était la maison d’Izieu et que s’est-il passé le 6 avril 1944 ?
▸Combien d’enfants ont été sauvés par les réseaux de résistance ?
▸Que sont devenus les enfants déportés à Auschwitz ?
▸Existe-t-il un mémorial spécifique aux enfants juifs déportés ?
▸Quelle est la différence entre la déportation des Juifs et celle des résistants ?
Pour ne pas oublier
L’historien Henry Rousso a parlé, à propos de la Shoah en France, d’un « passé qui ne passe pas ». Le cas des enfants y tient une place particulière, parce qu’il met à nu les choix individuels qui ont rendu le crime possible. Un préfet qui signe une circulaire. Un policier qui ferme les portes du Vel d’Hiv. Un cheminot qui pousse un wagon. Un voisin qui se tait. Et, en miroir, ceux qui ont caché, faux-papiers en main, à leurs propres risques.
Onze mille quatre cents enfants. Le chiffre est sec. Derrière chaque chiffre, un visage. Le travail des Klarsfeld, depuis quarante ans, a été de leur rendre ce visage. Le nôtre, comme lecteurs et comme citoyens, est de regarder ce qui a été fait, de comprendre comment, et de ne jamais l’oublier.






