Buchenwald : ce que les survivants nous ont raconté du camp de concentration nazi

Porte en fer forge d un memorial historique en hommage aux survivants

Le 11 avril 1945, à 15h15, un drapeau blanc flotte sur la tour de garde du camp de Buchenwald. Quelques minutes plus tôt, des centaines de déportés armés ont pris d’assaut les miradors et neutralisé les SS. Quand la première Jeep américaine pénètre dans l’enceinte, à 16h00, les prisonniers ont déjà capturé deux cents gardiens et planté un drapeau de la liberté. Vingt-et-un mille hommes, femmes et enfants viennent de se sauver eux-mêmes.

Cette scène, gravée dans la mémoire des rescapés, raconte une libération singulière : celle d’un camp de concentration nazi où les prisonniers, organisés clandestinement depuis des années, ont devancé l’arrivée de la IIIe Armée américaine. Buchenwald, situé sur la colline de l’Ettersberg près de Weimar, a vu transiter plus de 250 000 déportés en huit ans. Près de 25 000 Français y ont été immatriculés. Plus de 56 000 personnes y sont mortes. Les voix des survivants, recueillies depuis 1945 par les associations d’anciens déportés, restent aujourd’hui le matériau le plus précieux pour comprendre ce que fut ce lieu.

Buchenwald, un camp de concentration nazi sur la colline de Weimar

Le camp de Buchenwald ouvre le 16 juillet 1937, sur l’Ettersberg, à huit kilomètrès au nord de Weimar. La SS y enferme d’abord 219 droits communs allemands, vite rejoints par des opposants politiques au régime nazi : communistes, sociaux-démocrates, libéraux, chrétiens, pacifistes. Dès septembre 1938, des Autrichiens hostiles à l’Anschluss arrivent par milliers. Trois mois plus tard, après la Nuit de Cristal, dix mille juifs allemands sont internés en quelques jours. Tchèques et Polonais suivent en 1939 et 1940.

Le nom du camp, « Konzentrationslager Buchenwald » (souvent abrégé en KLB), signifie littéralement « forêt de hêtrès ». Cette dénomination presque pastorale dissimule une réalité concentrationnaire structurée autour d’une place d’appel rectangulaire, de baraquements alignés, d’une infirmerie où l’on expérimente le typhus sur des cobayes humains, d’un crématoire et de plus de 130 kommandos extérieurs. Parmi eux, le kommando de Mittelbau-Dora, créé fin août 1942, fabrique les fusées V2 dans les tunnels du Harz. Il deviendra un camp autonome en octobre 1944.

À l’entrée du camp, un arbre solitaire reste épargné lors du défrichement initial : le chêne sous lequel Goethe aimait se promener. Cet « arbre de Goethe » devient un symbole douloureux pour les déportés. Il est détruit en août 1944 lors d’un bombardement allié sur les usines DAW voisines. Le tronc carbonisé reste visible aujourd’hui dans le mémorial.

Les déportés français à Buchenwald : convois, immatriculations, premiers pas

Les premiers Français arrivent dès 1941 et 1942 (environ 200 hommes), puis le rythme s’accélère brutalement. En 1943, près de 6 000 Français franchissent les portes du KLB. En 1944, ce sont 17 429 nouveaux déportés français qui sont immatriculés, dont 2 500 transférés depuis d’autres camps lors des évacuations de l’Est. Au total, près de 25 000 Français passent par Buchenwald entre 1941 et 1945.

À leur arrivée, les déportés découvrent un cérémonial déshumanisant : tonte intégrale, douche brûlante puis glacée, désinfection au crésyl, attribution d’un uniforme rayé et d’un matricule cousu sur la poitrine. Le triangle de couleur précise le motif de leur internement : rouge pour les politiques (la majorité des Français), jaune pour les juifs, vert pour les droits communs allemands, rose pour les homosexuels, violet pour les Témoins de Jéhovah. La nationalité s’inscrit sur une lettre cousue dans le triangle : « F » pour les Français.

Parmi les victimes les plus vulnérables, la déportation des enfants constitue un chapitre particulièrement sombre de l’histoire des camps nazis.

Les nouveaux arrivants sont d’abord parqués dans le « Petit camp », zone d’isolement et de quarantaine située en contrebas, où la mortalité atteint des sommets. Ceux qui résistent à cette mise à l’épreuve rejoignent ensuite le « Grand camp » et les blocs où s’organise une survie précaire autour des kommandos de travail forcé : carrière, usines DAW (Deutsche Ausrüstungswerke), chantiers de construction, ateliers d’armement Gustloff.

La résistance clandestine au cœur du KLB

La résistance clandestine au cœur du KLB

Parmi les phénomènes propres à Buchenwald, l’organisation politique clandestine occupe une place centrale dans tous les témoignages de survivants. Dès 1938, les communistes allemands prennent le contrôle de l’administration interne du camp en évinçant progressivement les droits communs des postes de Kapos. Cette mainmise sur l’autoadministration permet, malgré une violence omniprésente, de sauver des vies en orientant les affectations aux kommandos, en cachant des malades de l’infirmerie, en falsifiant des fiches.

Les Français s’organisent à leur tour à partir de 1943. Le Comité des Intérêts Français (CIF) est mis en place pour coordonner l’aide aux nouveaux arrivants, défendre les droits du groupe national et préparer les actions clandestines. Marcel Paul, déporté communiste arrivé le 16 mai 1944, joue un rôle déterminant dans l’unification politique des Français du camp. Autour de lui, des hommes comme Frédéric Henri Manhès, ancien colonel résistant, structurent la Brigade française d’action libératrice qui prendra les armes le 11 avril 1945.

Le comité militaire international clandestin rassemble 178 groupes armés de toutes les nationalités, soit environ 850 déportés prêts à combattre. Des armes sont volées dans les ateliers, démontées, dissimulées sous les planchers ou dans les greniers des baraques. Une station radio clandestine, bricolée à partir de pièces récupérées, permettra d’émettre l’appel décisif aux Alliés le 8 avril 1945.

Cette résistance interne sauve aussi un millier d’enfants juifs, transférés depuis Auschwitz à l’hiver 1944-1945. Le Kapo Willy Seiffert et d’autres déportés cachent ces enfants dans des blocs reculés, falsifient leur âge, leur attribuent des kommandos fictifs. Parmi eux, le futur Prix Nobel de la paix Elie Wiesel et Israël Meir Lau, qui deviendra grand rabbin d’Israël. Thomas Geve, jeune adolescent rescapé, dessine au lendemain de la libération une feuille intitulée « Wir sind frei » (Nous sommes libres), devenue l’une des images les plus diffusées de l’événement.

Les marches de la mort et l’évacuation d’avril 1945

À mesure que les armées alliées se rapprochent, les SS organisent l’évacuation forcée des camps de l’Est, puis des kommandos extérieurs de Buchenwald. Ces déplacements à pied, en colonnes, sous la neige, sans nourriture, deviendront les « marches de la mort ». À Buchenwald, ce phénomène prend une ampleur dramatique entre janvier et avril 1945.

Le 5 avril 1945, le camp principal compte près de 47 000 détenus. Le travail dans les kommandos s’arrête. Les rumeurs courent : la SS veut évacuer ou liquider l’ensemble des prisonniers. Le 6 avril, les SS dénoncent 46 chefs présumés de la résistance interne (33 antifascistes allemands, 5 Hollandais, 4 Tchèques, 2 Autrichiens, 2 Polonais) et exigent leur présentation. La résistance clandestine parvient à les cacher dans le camp, sauvant ses cadres.

Du 6 au 10 avril, les évacuations s’intensifient. Le « Petit camp » est vidé en priorité, puis les blocs où sont concentrés les Français : 10, 14 et 26. Floréal Barrier, déporté à Buchenwald, raconte : « Nous sortions du camp en colonnes, encadrés par des SS. Beaucoup de camarades ne sont jamais revenus. » À l’arrivée des Américains, il ne reste plus que 21 000 prisonniers sur les 47 000 du début du mois. La différence, environ 26 000 hommes, a été lancée sur les routes vers d’autres camps, principalement Flossenbürg, Dachau, Theresienstadt. Beaucoup mourront en chemin, abattus, épuisés ou exécutés à l’arrivée.

Andrée Gros-Duruisseau, déportée pour faits de résistance et travaillant dans le kommando de Schönefeld (Leipzig-Hasag) rattaché à Buchenwald, témoigne : « Dans la nuit du 13 au 14 avril 1945, on nous a mises sur les routes. Nous étions plusieurs milliers de femmes en sabots et nous avons marché vers l’est. Nous entendions les canons. On disait : Les Américains arrivent ! Oui mais à l’ouest. Mais nous, nous partions toujours vers l’est. On marchait pendant des jours. On voyait des hommes dans le fossé qui ne pouvaient pas aller plus loin. On entendait des coups de feu de plus en plus fréquents. On a su après que ces gens avaient été achevés. »

DateÉvénementBilan
5 avril 1945Dernier appel général47 000 détenus présents
6-10 avrilÉvacuations forcées par les SSPrès de 26 000 prisonniers sur les routes
8 avrilÉmission radio clandestine vers les AlliésRéponse de la IIIe Armée US
10 avrilSurvol du camp par avions américainsTension extrême
11 avril, 13h00Premiers tanks US à HottelstedtApproche imminente
11 avril, 14h30Ordre d’attaque par le comité clandestinAssaut sur la tour
11 avril, 15h15Drapeau blanc sur la tourCamp libéré
11 avril, 16h00Première Jeep américaine entre dans le camp21 000 sauvés

La libération du 11 avril 1945 : les déportés qui se sauvent eux-mêmes

Le récit de la journée du 11 avril, cent fois redit par les survivants, suit une chronologie précise. Le matin, l’alerte de niveau 2 est décrétée par le comité militaire clandestin. Les armes sont sorties de leurs caches et distribuées. Une nouvelle alerte aérienne américaine retentit à 11h45. Le Kommandant SS Pister ordonne le bombardement du camp par la Luftwaffe ; le commandant de la base aérienne de Nohra refuse.

À 13h00, les premiers tanks de la IIIe Armée américaine apparaissent à Hottelstedt. À 14h00, douze blindés pénètrent dans la forêt de l’Ettersberg. Une compagnie SS prend position au nord-ouest. À 14h30, l’ordre d’attaque tombe. Toutes les unités clandestines, organisées par nationalité, entrent en action en même temps. La tour de contrôle, encore tenue par des SS lourdement armés, est prise après quelques minutes de combat. La défense allemande se débande.

À 15h15, le drapeau blanc flotte sur la tour. À 15h40, le premier tank américain passe devant le camp sans s’arrêter, fonçant sur Weimar. À 16h00, une Jeep américaine pénètre l’enceinte. Elle est conduite par deux Français : le lieutenant Desart, un Breton parlant anglais, et le sergent Bodot, un Lorrain parlant allemand, éclaireurs de l’armée US. Ils découvrent que les déportés ont déjà fait 200 SS prisonniers, qu’ils livrent sans les avoir brutalisés, ce qui force l’admiration des soldats américains.

Hans Eiden, déporté antinazi allemand et doyen du camp, prend en charge l’administration provisoire. Le Comité international clandestin, désormais public, organise la sécurisation, le ravitaillement, les soins. Le 13 avril, l’armée américaine arrive en force. Les déportés sont désarmés, ce qui n’est pas accepté de bon cœur. Mais une question matérielle prend le dessus : il faut remettre en marche le réseau d’eau saboté par les SS, réquisitionner de la nourriture dans les fermes voisines, organiser l’infirmerie pour les milliers de malades du typhus.

Pendant les jours qui suivent, les généraux Eisenhower, Patton et Bradley visitent le camp. Eisenhower contraint les habitants de Weimar à venir voir, de leurs yeux, l’horreur que leur ville a abritée pendant huit ans. Cette confrontation, filmée et photographiée, deviendra l’un des moments fondateurs de la mémoire concentrationnaire en Europe.

Le Serment de Buchenwald : un engagement transmis aux générations

Le 19 avril 1945, huit jours après la libération, 21 000 survivants de toutes les nationalités se rassemblent sur la place d’appel pour une cérémonie funéraire. Ils prêtent ensemble ce qui restera dans l’histoire sous le nom de « Serment de Buchenwald » : « La destruction définitive du nazisme avec ses racines est notre mot d’ordre. La construction d’un monde nouveau de paix et de liberté est notre idéal. »

Ce serment, prononcé en plusieurs langues sur la place où des milliers d’hommes ont été appelés à la mort, devient le fondement moral du mouvement déporté d’après-guerre. Il inspire la création, dès septembre 1945, de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos, qui publie son journal « Le Serment » jusqu’à aujourd’hui. Des survivants comme Marcel Paul, Frédéric Henri Manhès, Pierre Durand ou plus tard Stéphane Hessel porteront ce message dans la vie politique française et européenne.

Le serment trouve un prolongement institutionnel dans la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, instituée en France par la loi du 14 avril 1954. Elle se tient le dernier dimanche d’avril, en mémoire de la libération des camps et de la fin du calvaire des survivants.

Témoignages de survivants : voix qui transmettent l’irracontable

La spécificité de Buchenwald tient aussi à la richesse de ses archives testimoniales. L’Association française Buchenwald-Dora a recueilli, depuis 1945, plusieurs centaines de récits écrits, audio et vidéo de rescapés. Cette mémoire vivante prend des formes variées : livres, bulletins, films, dessins.

Parmi les figures littéraires emblématiques, Jorge Semprun, déporté espagnol arrivé en janvier 1944, signe en 1963 « Le Grand Voyage », puis « L’écriture ou la vie » en 1994, où il interroge la possibilité même de raconter l’expérience concentrationnaire. Imre Kertész, juif hongrois déporté à Auschwitz puis à Buchenwald à seize ans, reçoit le Prix Nobel de littérature en 2002 pour « Être sans destin », roman tiré de son passage à Buchenwald. Elie Wiesel, qui sera lui aussi prix Nobel (de la paix, 1986), évoque dans « La Nuit » son arrivée d’Auschwitz à Buchenwald et la mort de son père dans les baraques.

Du côté français, les récits sont nombreux et complémentaires. Pierre Durand publie « La résistance des Français à Buchenwald et à Dora » en 1991, ouvrage de référence sur l’organisation clandestine. Floréal Barrier, dans plusieurs interventions devant les jeunes générations, raconte avec précision la journée du 11 avril. Simon Pernod, raflé à Nantua dans l’Ain et déporté, livre un récit détaillé de la libération conservé par l’association mémorielle départementale.

Les artistes-déportés ont aussi laissé une œuvre considérable. Boris Taslitzky, peintre communiste arrivé en juillet 1944, dessine clandestinement la vie du camp. Léon Delarbre, conservateur de musée et matricule 53083, exécute des croquis qui seront édités en 1945 sous le titre « Croquis clandestins ». Auguste Favier (matricule 38304), Paul Goyard, Pierre Mania, Camille Deletang produisent eux aussi des dessins qui constituent aujourd’hui une source historique de premier plan, conservés dans les archives de l’association Buchenwald-Dora.

Le retour en France : un combat qui continue

Le rapatriement des survivants commence dans la deuxième quinzaine d’avril 1945 et se poursuit jusqu’en juin. Les rescapés transitent par l’hôtel Lutetia à Paris, où des familles entières attendent, scrutent les listes, espèrent reconnaître un proche. Beaucoup de déportés rentrent dans un état physique catastrophique, tuberculose, typhus, dénutrition extrême. Plusieurs centaines mourront dans les semaines qui suivent leur libération.

Le retour pose aussi des questions complexes de réinsertion. Ces hommes et ces femmes ont vu et vécu ce qui dépasse l’entendement. La société française des années d’après-guerre, occupée à se reconstruire, ne sait pas toujours comment les écouter. Beaucoup choisissent de se taire pendant des années. D’autres, au contraire, prennent la parole publique, fondent des associations, écrivent des livres, témoignent dans les écoles.

Cet engagement mémoriel se retrouve dans toute la France, y compris dans les départements éloignés des grands centres concentrationnaires. En Ariège, par exemple, plusieurs résistants ont été déportés à Buchenwald après leur arrestation par la Gestapo de Toulouse ou de Foix. Leurs noms figurent sur les monuments aux morts du département. La mémoire départementale rejoint la grande histoire des camps, comme le montrent les ressources sur la déportation en Ariège ou les recueils de témoignages locaux.

Aujourd’hui, le mémorial de Buchenwald, ouvert en 1958 sous régime est-allemand puis profondément remanié après la réunification, accueille chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. Il conserve les vestiges du camp, le crématoire, des baraquements partiellement reconstitués et un musée historique. Le Concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD), organisé chaque année dans les collèges et lycées français, prend régulièrement Buchenwald comme objet d’étude.

Combien de personnes ont survécu au camp de Buchenwald ?

Au moment de la libération, le 11 avril 1945, environ 21 000 prisonniers sont sauvés à l’intérieur du camp principal. Ce chiffre n’inclut pas les déportés évacués sur les routes pendant la première quinzaine d’avril. Sur les 250 000 personnes passées par Buchenwald en huit ans, plus de 56 000 sont mortes. Le nombre exact de survivants à long terme reste difficile à établir, car beaucoup ont succombé après leur libération aux maladies contractées au camp.

Combien de Français ont été déportés à Buchenwald ?

Les recherches de l’Association française Buchenwald-Dora estiment à environ 25 000 le nombre de Français immatriculés au KLB entre 1941 et 1945. Ce chiffre comprend 200 déportés en 1941-1942, 5 918 en 1943 et 17 429 en 1944. Une partie de ces derniers avaient été transférés depuis d’autres camps, notamment Auschwitz, lors des évacuations de l’Est.

Comment le camp de Buchenwald a-t-il été libéré ?

Le camp a été libéré le 11 avril 1945 par les déportés eux-mêmes, qui ont pris d’assaut la tour de garde à 14h30 et hissé un drapeau blanc à 15h15. Cette action coordonnée, préparée par un comité militaire clandestin international rassemblant 178 groupes armés, a précédé l’arrivée de la première Jeep de la IIIe Armée américaine, à 16h00. Le commandement allié a confirmé l’autorité du Comité international des prisonniers les premiers jours, avant de prendre le relais administratif le 13 avril.

Qui sont les survivants célèbres de Buchenwald ?

Plusieurs survivants sont devenus des figures intellectuelles ou politiques majeures : Jorge Semprun, écrivain espagnol et ministre de la Culture de l’Espagne ; Imre Kertész, Prix Nobel de littérature 2002 ; Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix 1986 ; Stéphane Hessel, diplomate et auteur d’ »Indignez-vous ! » ; Marcel Paul, ministre français de la Production industrielle en 1945-1946 ; Israël Meir Lau, ancien grand rabbin d’Israël, sauvé enfant par les déportés du camp.

Qu’est-ce que le Serment de Buchenwald ?

Le Serment de Buchenwald est un texte prononcé le 19 avril 1945 sur la place d’appel du camp par les 21 000 survivants rassemblés. Il engage les rescapés à combattre toute renaissance du nazisme et à œuvrer pour la paix et la liberté. Ce serment est devenu le fondement moral du mouvement déporté d’après-guerre et inspire encore aujourd’hui les associations mémorielles, notamment le journal « Le Serment » publié par l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos.

Où voir des témoignages de survivants de Buchenwald aujourd’hui ?

Plusieurs sources permettent d’accéder aux témoignages : l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos archive des centaines de récits sur son site et dans son bulletin « Le Serment » ; le Mémorial de Buchenwald à Weimar conserve une vaste collection audiovisuelle ; le Centre Régional Résistance & Liberté à Thouars, ainsi que les associations départementales comme la Mémoire de la déportation dans l’Ain, mettent en ligne des récits écrits, audio et vidéo. Les ouvrages de Jorge Semprun, Pierre Durand, Imre Kertész et David Rousset restent des entrées littéraires majeures pour comprendre l’expérience de Buchenwald.

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