Réfugiés espagnols républicains dans le Sud-Ouest de la France : une terre d’exil entre 1939 et 1945

Colonne de réfugiés espagnols traversant les Pyrénées enneigées en février 1939 lors de la Retirada

En février 1939, près d’un demi-million de personnes traversent les Pyrénées en quelques jours. Hommes valides, femmes, enfants, vieillards, miliciens et civils mêlés, fuyant la chute de Barcelone et l’avancée des troupes franquistes. La France ouvre sa frontière le 27 janvier au matin, contrainte par la pression humaine. C’est le début de la Retirada, le plus grand exode politique qu’ait connu l’Europe au XXe sièclé avant 1945.

Le Sud-Ouest absorbe la quasi-totalité de ce flux. Pyrénées-Orientales, Aude, Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Tarn, Gers, Lot-et-Garonne, Aveyron : aucun département de la grande région n’échappe à l’arrivée des réfugiés républicains. La carte des camps et des lieux d’accueil dessine une géographie de l’exil qu’on retrouve aujourd’hui sur les stèles, dans les archives départementales et dans la toponymie de villages oubliés. Cette histoire n’est pas un épisode marginal. Elle reconfigure la sociologie du Sud-Ouest, alimente la résistance pendant l’occupation, et laisse une mémoire vive jusqu’aux années Franco.

Cette histoire alimente la mémoire de la Résistance, comme en témoignent les travaux présentés chaque année au Concours national de la Résistance et de la Déportation.

La Retirada de janvier-février 1939 : 465 000 personnes franchissent les Pyrénées

Barcelone tombe le 26 janvier 1939. Les colonnes de réfugiés s’étirent déjà sur les routes catalanes, harcelées par l’aviation italo-allemande. Trois jours plus tard, la frontière française cède sous le nombre. Entre le 28 janvier et le 13 février, 475 000 personnes passent par Cerbère, Le Perthus, Prats-de-Mollo, Bourg-Madame et les sentiers d’altitude. Un rapport officiel français de mars 1939 chiffre à 440 000 les réfugiés présents sur le territoire. Les historiens s’accordent ensuite sur 465 000 exilés au total après la chute de la Catalogne, dont environ 170 000 civils.

Les conditions du passage sont terribles. Les passages de montagne sont enneigés. Les arrivants ont déjà subi trois ans de guerre et de privations. À Le Perthus, dans la première semaine de février, la file humaine s’étend sur des kilomètrès, avec des morts d’épuisement le long des fossés. Ce sont les douaniers, les gendarmes et la population frontalière qui réceptionnent en urgence cette marée.

L’opinion publique française est divisée. La presse de gauche, _L’Humanité_, _Ce soir_, _Le Populaire_, _Regards_, multiplie les reportages dans les camps et lance des souscriptions. Louis Aragon, dans sa chronique quotidienne pour _Ce soir_, parle d’un « déluge de lettres » de Français proposant d’héberger des enfants. À l’opposé, _Gringoire_ titre : « L’armée du crime est en France, qu’allez-vous en faire ? » Le _Petit Journal_ évoque la « débâclé des marxistes espagnols ». Cette fracture éditoriale prépare le climat dans lequel l’État va trier, parquer, interner.

Les camps de la plage : Argelès, Saint-Cyprien, Le Barcarès

Les autorités improvisent. Faute de structure prête, elles regroupent les hommes valides sur les plages des Pyrénées-Orientales. Argelès-sur-Mer reçoit le premier contingent dès le 1er février 1939, avec environ 100 000 internés au plus fort de l’afflux. Saint-Cyprien et Le Barcarès suivent dans les semaines qui suivent. Ce sont des camps à ciel ouvert, sans baraques au départ, simples enclos de barbelés posés sur le sable.

Les premières semaines, les hommes dorment à même le sable, sous des abris taillés dans les couvertures et le bois flotté. Pas d’eau potable, pas de latrines, pas de soins. La gale, la dysenterie, le typhus circulent. Les surveillants sont des gardes mobiles et des troupes coloniales, sénégalais et marocains pour beaucoup. Ce dispositif d’urgence va structurer durablement la politique d’internement française.

Les femmes, les enfants et les vieillards prennent un autre chemin. Évacués en train depuis Cerbère et Le Perthus, ils sont répartis dans plus de 70 départements de l’intérieur. Les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Lot-et-Garonne, l’Aveyron, la Dordogne, la Charente accueillent des trains entiers. On les loge dans des écoles, des préaux, des granges réquisitionnées. Un certain nombre d’enfants espagnols passent par les colonies catalanes que le PCE et la CGT avaient mises en place dès 1937.

L'arrière-pays prend le relais : Bram, Gurs, Le Vernet, Agde, Rivesaltes, Septfonds

L’arrière-pays prend le relais : Bram, Gurs, Le Vernet, Agde, Rivesaltes, Septfonds

Devant l’engorgement du littoral, le ministère de l’Intérieur ouvre en février et mars 1939 des camps spécialisés à l’intérieur des terres. Chacun reçoit une catégorie distincte de la population réfugiée.

  • Le Vernet d’Ariège récupère la division Durruti, c’est-à-dire les anarchistes catalans réputés les plus durs, avec environ 9 000 hommes le 12 février. Le camp atteindra 15 000 internés au printemps.
  • Gurs, dans les Basses-Pyrénées, regroupe les Basques, les anciens des Brigades internationales et les aviateurs républicains.
  • Bram, dans l’Aude, est dédié aux vieillards et aux invalides.
  • Agde, dans l’Hérault, accueille les Catalans civils.
  • Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, ouvre comme camp militaire et bascule rapidement vers l’internement administratif.
  • Septfonds, dans le Tarn-et-Garonne, devient un camp pour combattants espagnols puis un site de transit vers les compagnies de travailleurs étrangers.
CampDépartementPopulation typeEffectif maximal 1939
Argelès-sur-MerPyrénées-OrientalesHommes valides, mixte~100 000
Saint-CyprienPyrénées-OrientalesHommes valides~80 000
Le BarcarèsPyrénées-OrientalesHommes valides~70 000
Le VernetAriègeAnarchistes, brigadistes, durs~15 000
GursBasses-PyrénéesBasques, brigadistes~18 000
BramAudeVieillards, invalides~16 000
AgdeHéraultCatalans civils~24 000
SeptfondsTarn-et-GaronneCombattants, transit~16 000

À la fin 1939, le bilan migratoire s’est partiellement inversé. Environ 300 000 Espagnols sont rentrés au pays, certains volontairement, d’autres rapatriés sous pression. Restent 160 000 à 180 000 personnes en France, principalement dans le Sud-Ouest. Ce noyau va constituer la base de la diaspora républicaine pendant plus de trois décennies.

Toulouse, capitale de l’exil républicain espagnol

Toulouse devient en quelques mois la véritable capitale politique et culturelle de l’exil. Trois facteurs jouent. La ville comptait déjà une forte communauté espagnole en 1936, troisième immigration de France à l’époque avec 250 000 ressortissants. La proximité de la frontière en faisait un point de chute naturel. Et la culture politique locale, marquée par le radicalisme et le socialisme, ouvrait un terrain favorable.

Les partis et syndicats espagnols réinstallent leurs sièges en clandestinité ou semi-clandestinité dans les rues de Saint-Cyprien et du quartier des Minimes. Le PSOE, la CNT, le PCE, l’UGT, le POUM y reconstituent une vie politique en miniature. Les réfugiés ouvrent des bistrots, des librairies, des imprimeries. La revue _Solidaridad Obrera_, organe historique de la CNT, reparaît à Toulouse après la guerre. Une presse en castillan et en catalan circule sous le manteau, puis ouvertement après 1944.

L’architecte Pierre Garcia-Fons, le sculpteur Apel·les Fenosa, le photographe Agustí Centelles, l’écrivain Manuel Chaves Nogales : la liste des artistes et intellectuels passés par Toulouse ou la région est longue. La capitale occitane devient un foyer d’édition antifranquiste qui rayonne sur tout l’exil mondial. La librairie Antonio-Soriano, rue de la Pomme, sera l’un des centres nerveux de cette résistance culturelle pendant des décennies.

Bordeaux et la façade atlantique : une autre voie d’accueil

L’autre grande ville d’accueil, c’est Bordeaux. La voie ne passe pas par les Pyrénées catalanes, mais par la mer. Dès 1937, plus de 10 000 Basques fuient la chute de Bilbao et arrivent par bateau à Bordeaux, La Rochelle, voire Lorient. C’est la première vague atlantique. Les enfants basques, en particulier, sont placés dans des familles d’accueil ou des colonies, parfois jusqu’en Belgique ou en Angleterre.

À Bordeaux, l’évêché et les milieux catholiques organisent une partie de l’aide, parallèlement à la solidarité ouvrière des dockers et des cheminots. Des centres d’hébergement ouvrent autour de la gare Saint-Jean. La diaspora basque s’enracine dans les Landes, en Gironde, dans les ports de la côte. Cette installation diffère de celle des Catalans à Toulouse : plus discrète, plus rurale, moins politiquement structurée, mais tout aussi durable.

Les autres départements du littoral atlantique entrent dans la danse à partir de 1939. La Loire-Inférieure, devenue Loire-Atlantique, ouvre les camps de Moisdon-la-Rivière et de Juigné-des-Moutiers. Le Massif central reçoit des contingents civils dispersés dans des fermes et des villages.

CTE et GTE : les républicains au travail forcé

L’État français a vite compris l’intérêt de cette main-d’œuvre. Dès le printemps 1939, sous la Troisième République, les hommes valides sont versés dans les compagnies de travailleurs étrangers (CTE). Le statut est ambigu : ni soldats, ni internés, ni civils libres. Ils construisent des routes, terrassent des aérodromes, défrichent. Plusieurs milliers d’Espagnols sont engagés sur la ligne Maginot ou sur les chantiers du Sud-Ouest.

Vichy reprend ce dispositif et le durcit en 1940. Les CTE deviennent des groupements de travailleurs étrangers (GTE), sous contrôle policier renforcé. Les Espagnols y côtoient des Polonais, des Italiens, des Juifs étrangers, des apatrides. Entre 1942 et 1943, environ 26 000 d’entre eux partent dans le cadre du STO sur les chantiers de l’Organisation Todt, essentiellement sur le Mur de l’Atlantique. C’est une déportation économique de fait, à laquelle beaucoup tentent d’échapper en gagnant les maquis.

D’autres sont acheminés en Afrique du Nord. Dix mille Espagnols se retrouvent en Algérie, en Tunisie, au Maroc. Une partie d’entre eux finit sur les chantiers du Transsaharien, ce projet de chemin de fer fou qui devait relier Méditerranée et Niger. Le doctorant Peter Gaida, de l’Université de Brême, a documenté les conditions de ces forçats du désert : régime de travail brutal, mortalité par malnutrition, torture, libération seulement après le débarquement allié de novembre 1942.

De l’internement à la Résistance : guérilleros et maquis du Sud-Ouest

Le basculement vers la lutte armée date de la fin 1941. Le pacte germano-soviétique avait paralysé les communistes espagnols et leurs alliés français pendant deux ans. Son rupture en juin 1941, après l’attaque allemande contre l’URSS, libère la base militante. Beaucoup de républicains s’engagent alors dans les bataillons étrangers de l’armée française, puis basculent dans la résistance après l’occupation de la zone libre en novembre 1942.

Dans le Sud-Ouest, les maquis se peuplent rapidement de combattants espagnols. Le terme guérilleros s’impose, par référence directe à la guerre civile et aux traditions de lutte clandestine héritées d’Espagne. La XIV Corps de guérilleros espagnols, plus tard rebaptisé 14e brigade, opère dans les Pyrénées, l’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, le Tarn, le Lot. Des hommes comme Celestino Alfonso, José Barón Carreño, Manuel Bergés s’illustrent dans ces réseaux. Alfonso figure sur la fameuse Affiche rouge de 1944, avec la légende : « ALFONSO espagnol rouge 7 attentats ».

Les frères Conrad et Josep Miret i Musté pilotent une part importante de l’organisation des FTP-MOI, la Main-d’œuvre immigrée des Francs-tireurs et partisans. La 9e compagnie de la 2e DB du général Leclerc, La Nueve, est composée presque entièrement de républicains espagnols. C’est elle qui entre la première dans Paris le 24 août 1944, ses half-tracks portant les noms _Madrid_, _Guadalajara_, _Teruel_, _Don Quichotte_. Ces hommes ont fait le pari, après avoir perdu leur guerre, qu’en libérant la France ils prépareraient la « Reconquista » de leur pays.

La libération de Foix et l’Ariège, terre d’engagement républicain

L’Ariège illustre à elle seule la trajectoire complète. Le département a hébergé le camp du Vernet, transformé en camp disciplinaire sous Vichy. Mais c’est aussi un terrain montagneux, peu peuplé, idéal pour les maquis. Les guérilleros espagnols y constituent une part majeure des effectifs FFI. La géographie de la zone libre ariégeoise et des actions de résistance pendant les années noires se lit en grande partie à travers leur engagement.

La libération de Foix, le 19 août 1944, est presque exclusivement le fait de combattants espagnols. La ville bascule sans intervention significative des unités françaises de l’extérieur. Les guérilleros tiennent la préfecture pendant plusieurs jours avant l’arrivée des forces régulières. Un monument érigé après-guerre sur l’avenue du Général-de-Gaulle rend hommage à cet épisode.

Les opérations transfrontalières s’intensifient à l’automne 1944. Les guérilleros espagnols espèrent que la chute du nazisme entraînera celle de Franco. Une tentative d’invasion du val d’Aran par 4 000 hommes en octobre 1944, l’opération Reconquista de España, échoue après dix jours de combats. Les Alliés, déjà préoccupés par l’équilibre européen d’après-guerre, refusent de soutenir l’offensive. L’Espagne franquiste survivra encore trente ans.

Déportation : 12 000 Espagnols dans les camps nazis

Tous les républicains du Sud-Ouest ne combattent pas. Beaucoup sont arrêtés. Sans statut de prisonnier de guerre, ils basculent dans la déportation. Entre août 1940 et mai 1945, 12 000 républicains espagnols sont acheminés vers les camps de concentration nazis. Le complexe de Mauthausen-Gusen en absorbe la majorité : 7 288 enregistrés, dont 4 676 morts dans les baraquements ou les carrières de Wiener Graben.

Les femmes arrêtées pour faits de résistance passent par Ravensbrück. Neus Català i Pallejà, l’une des dernières survivantes espagnoles du camp, est restée jusqu’à sa mort en 2019 une figure de la mémoire de la déportation. Elisa Garrido, Conxita Grangé i Beleta, Frantxia Haltzuet partagent ce destin. Le photographe catalan Francesc Boix, déporté à Mauthausen, sortira clandestinement les négatifs qui serviront à charger la défense au procès de Nuremberg.

Cette déportation des républicains espagnols depuis le sol français reste un angle mort de la mémoire nationale pendant des décennies. Il faut attendre les années 1990 pour que des plaques apparaissent dans les gares du Sud-Ouest, à Toulouse-Matabiau, à Bordeaux-Saint-Jean, à Pau, et que les noms des déportés rejoignent ceux des autres victimes sur les monuments aux morts.

Mémoire et postérité : ce qui reste aujourd’hui dans le Sud-Ouest

La géographie mémorielle du Sud-Ouest porte encore les traces de la Retirada et de l’exil républicain. Quelques sites font office de repères pour qui veut comprendre cette histoire sur le terrain.

  • Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer : un mémorial discret, posé sur la plage, où plus de 100 000 hommes ont été parqués en février 1939.
  • Camp du Vernet d’Ariège : un musée et un sentier d’interprétation balisent les vestiges du camp, à proximité de Pamiers.
  • Mémorial de Rivesaltes : un grand site muséal ouvert en 2015, qui couvre toutes les vagues d’internement de Rivesaltes, à commencer par les Espagnols.
  • Centre d’études et de documentation Mémoire d’Espagne, à Toulouse, hébergé dans les anciens locaux de la librairie Antonio-Soriano.
  • Plaques de la libération de Foix, sur l’avenue du Général-de-Gaulle.

Les associations d’anciens combattants espagnols et leurs descendants restent actives. L’AAGEF-FFI (Amicale des anciens guérilleros espagnols en France), créée en 1976 après la mort de Franco, organise chaque année des commémorations à Prayols, en Ariège, devant le monument au guérillero. Le 80e anniversaire de la Retirada, en 2019, a donné lieu à plus d’une centaine d’événements officiels en France, signe d’une reconnaissance tardive mais réelle.

La loi espagnole de mémoire historique de 2007, complétée en 2022, a permis à de nombreux descendants d’exilés de récupérer la nationalité espagnole. Les enfants et petits-enfants des camps du Sud-Ouest reprennent ainsi un fil que leurs grands-parents avaient été contraints de couper en 1939.

Foire aux questions

Combien de réfugiés espagnols sont arrivés dans le Sud-Ouest pendant la Retirada ?

Entre fin janvier et mi-février 1939, 475 000 personnes franchissent la frontière, principalement par les Pyrénées-Orientales et les cols catalans. Un rapport officiel français de mars 1939 chiffre à 440 000 les réfugiés présents sur le territoire à cette date. La quasi-totalité passe par les départements du Sud-Ouest, qui restent ensuite leur principal lieu d’installation. Fin 1939, environ 160 000 à 180 000 Espagnols sont restés en France après les rapatriements vers l’Espagne franquiste.

Quels camps d’internement ont accueilli les républicains espagnols dans le Sud-Ouest ?

Les principaux camps sont Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien et Le Barcarès dans les Pyrénées-Orientales pour les hommes valides, puis Le Vernet d’Ariège pour les anarchistes catalans, Gurs dans les Basses-Pyrénées pour les Basques et les brigadistes, Bram dans l’Aude pour les vieillards, Agde dans l’Hérault pour les Catalans civils, Septfonds dans le Tarn-et-Garonne, et Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales. Tous ouvrent entre février et avril 1939.

Pourquoi Toulouse est-elle devenue la capitale de l’exil républicain espagnol ?

Trois raisons se cumulent. Toulouse comptait déjà une forte communauté espagnole avant 1939, l’Espagne étant la troisième source d’immigration française. Sa proximité avec la frontière en faisait un point de chute logique. Et la culture politique locale, marquée par le radicalisme et le socialisme, offrait un environnement plus accueillant qu’ailleurs. La ville devient ensuite, après 1944, le siège de fait des partis et syndicats antifranquistes en exil : PSOE, CNT, PCE, UGT.

Quel rôle les républicains espagnols ont-ils joué dans la Résistance dans le Sud-Ouest ?

Un rôle majeur. Les guérilleros espagnols forment une part importante des FFI dans les Pyrénées, l’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, le Tarn, le Lot. La XIV Corps puis 14e brigade structure leur action. La libération de Foix, le 19 août 1944, est presque entièrement leur œuvre. La 9e compagnie de la 2e DB de Leclerc, La Nueve, composée de républicains espagnols, est la première unité à entrer dans Paris le 24 août 1944.

Combien de républicains espagnols ont été déportés depuis la France ?

Environ 12 000 républicains espagnols ont été déportés depuis le territoire français entre août 1940 et mai 1945. La majorité, soit 7 288 hommes, est passée par le complexe de Mauthausen-Gusen, où 4 676 sont morts. Les femmes, principalement résistantes, ont été envoyées à Ravensbrück. Cette déportation des Espagnols depuis le sol français a longtemps été oubliée des récits officiels avant d’être réintégrée dans la mémoire nationale à partir des années 1990.

Existe-t-il aujourd’hui des sites mémoriels consacrés à la Retirada dans le Sud-Ouest ?

Plusieurs sites importants : le Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer, le sentier d’interprétation du camp du Vernet d’Ariège près de Pamiers, le Mémorial de Rivesaltes ouvert en 2015 dans les Pyrénées-Orientales, le Centre Mémoire d’Espagne à Toulouse, les monuments aux guérilleros à Prayols en Ariège et à Foix. Les archives départementales de l’Ariège, de l’Aude, de la Haute-Garonne et des Pyrénées-Orientales conservent des fonds importants sur cette période, ouverts aux chercheurs et aux familles de descendants.

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